Communiqué de presse - Journée internationale des Migrants

La Belgique doit régulariser les sans papiers


Les préoccupations du Mouvement ouvrier chrétien en matière de politique migratoire sont nombreuses tant celle-ci peut s’avérer injuste voire inhumaine quel que soit le niveau de pouvoir.

Le MOC Wallonie picarde et ses organisations constitutives sont investis depuis de nombreuses années dans l’accueil et l’accompagnement des migrant.e.s à travers le Réseau associatif et citoyen Mouscron Terre d’Accueil, la Plateforme pour l’interculturalité à Tournai, l’organisation de cours de français langue étrangère et de citoyenneté à Mouscron, Tournai, Ath.

A l’occasion de la journée internationale des migrants du 18 décembre, le MOC Wallonie picarde souhaite alerter sur la situation d’une des populations les plus vulnérables de notre pays : les personnes sans-papiers.

Vivre sans-papier n’est pas un choix. Les conditions de vie des sans-papiers sont très dures : difficultés de se faire soigner et de trouver un logement ; leur survie dépend du travail au noir et de leur exploitation ; ils vivent dans la peur constante d’être dénoncés, arrêtés et expulsés. Leurs droits sont extrêmement limités : l’aide médicale urgente est leur seul droit à une aide sociale, droit à l’éducation, droit d’agir en justice pour défendre leurs droits, droits de se marier ou de cohabiter légalement. En outre, à l’heure actuelle, les sans-papiers ne bénéficient d’aucune protection face à la pandémie. C’est donc toute une frange de la population qui est mise en danger.

La régularisation des sans-papiers apparait comme un objectif politique prioritaire pour le MOC pour plusieurs raisons évidentes. En Belgique Il n’y a plus eu de campagne de régularisation des sans-papiers depuis 2009. On estime qu’il y aurait plus de 150.000 personnes sans-papier, hommes, femmes et enfants vivant dans des conditions indignes de notre Etat de droit. La politique de régularisation actuelle se base sur des décisions arbitraires en l’absence de critères clairs de régularisation inscrits dans la loi. La régularisation représente un enjeu de santé publique essentiel dans la crise sanitaire que nous traversons : il faut pouvoir protéger, soigner et vacciner toute la population. Par ailleurs, face à la nécessité d’une sécurité sociale forte et correctement financée, peut-on vraiment se priver des compétences et des contributions (cotisations sociales) des sans-papiers ? La plupart des personnes sans-papiers ont une formation, une expérience professionnelle et veulent travailler. Pourtant, elles ne le peuvent pas si elles ne sont pas régularisées. C’est toute la société qui en pâtit.

La politique migratoire belge et européenne, basée sur la dissuasion et les restrictions aux droits des étrangers, conduit inévitablement à fabriquer des sans-papiers. Le MOC revendique une régularisation des sans-papier sur base de critères clairs et permanents inscrits dans la loi. Des leviers sont à activer à différents niveaux de pouvoir pour permettre aux personnes sans-papiers de mener une vie conforme à la dignité humaine dans notre pays.

Voir le communiqué de presse national : Si les personnes sans papiers ne sont pas régularisées, c’est toute la société qui se prive de leurs compétences

Vidéo : Les sans-papiers témoignent

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